Alors que les informations contradictoires continuent de circuler sur le web au sujet du calendrier du vote du projet de loi sur les paris en ligne (on sait que le projet de loi relatif à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne sera examiné par le Sénat les 23 et 24 février prochain, ensuite tout dépendra des éventuels amendements proposés et relectures nécessaires), nous nous intéressons aux positions des principaux opérateurs de paris sportifs en ligne et à ce qu’ils comptent faire lorsque la loi sera finalement adoptée et publiée. Ce premier volet de notre dossier porte sur les opérateurs dont on sait d’ores et déjà qu’ils feront une demande d’agrément pour obtenir une licence d’exploitation en France.

Les sites de paris en ligne : Betclic, Unibet et Bwin

Comme vous avez déjà pu le lire sur notre site (lire la news), les trois opérateurs de paris sportifs en ligne Betclic, Unibet et Bwin, réunis au sein d’une nouvelle association, l’AJELI (Association des opérateurs de Jeux en Ligne Internationaux), ont publié un communiqué indiquant clairement qu’ils étaient « tous trois candidats à l’agrément de la future Autorité de Régulation des Jeux en Ligne » et qu’ils partageaient « les mêmes valeurs s’agissant du jeu responsable et éthique« .

Il n’y a rien de surprenant à voir ces trois bookmakers se positionner en premier. Déjà ils sont parmi les sites les plus sérieux comme notre comparatif bookmakers le démontre : tous trois font partie de notre Top 5 des sites de paris sportifs en Français. Chacun d’entre eux a, en outre, noué des contacts voire même signé des partenariats ou de sponsoring avec des clubs de football de premier plan en France : Betclic a signé avec les deux Olympiques (de Marseille et Lyonnais), Unibet avec le Paris Saint-Germain et on sait que Bwin est proche d’un accord avec M6 et le club de Bordeaux.

Les opérateurs historiques et les nouveaux sites de pari gratuit

Autres opérateurs dont on sait qu’ils demanderont agrément, la Française des Jeux (pour sa marque ParionsWeb) et le Pari Mutuel Urbain, qui va se lancer dans les paris sportifs en ligne lui aussi. En effet, le PMU est clairement en train de se placer dans cette optique, avec ses partenariats signés avec RMC et TF1 ainsi que le Top 14 et la Ligue Nationale de Rugby (il deviendra aussi un partenaire majeur de la Fédération Française de Football après la Coupe du Monde). Le PMU a aussi signé en novembre 2009 un accord avec Paddy Power afin de bénéficier de l’expertise du bookmaker irlandais, en particulier pour ce qui est de la fixation des cotes et la gestion du risque. En attendant que la loi soit promulguée, le PMU a lancé un site de paris gratuits (pronospmu.com) qui servira dans un premier temps à collecter les détails de joueurs intéressés par le jeu en ligne.

Cette stratégie est similaire à celle de Sajoo (produit de l’union du groupe Amaury et de Bwin) ainsi que FrancePari, partenaire notamment du club de football du RC Lens et qui compte Alain Prost parmi ses actionnaires. Ces deux sociétés seront elles aussi candidates à l’agrément dès qu’elles en auront la possibilité.

Notre avis :

Même si on reste dans l’expectative par rapport au timing de cette ouverture officielle à la concurrence, on ne peut que se réjouir de l’avancée du projet et de l’imminence relative de son adoption. Des questions touchant à la taxation et au plafonnement des taux de redistribution restent cependant à clarifier et on préfèrerait que l’intérêt des joueurs soit mis en avant plutôt que celui des opérateurs historiques du monopole actuel (sous couvert, en autres, de la protection des joueurs contre l’addiction (voir notre réaction en bas du dossier sur la législation – 3ème partie)).

Toujours est-il que la régularisation de la situation en France (qui interviendra plus de trois ans après la mise en demeure de la France par Bruxelles) permettra de mettre fin à un climat de méfiance entretenu par la position du gouvernement français. Nous faisons bien sûr allusion à la campagne de dénigrement permanente menée par l’Etat Français à l’égard de sociétés de paris en ligne titulaires de licences européennes et de la chasse aux sorcières (qui fit suite aux plaintes de la FdJ et du PMU en 2006) qui eut pour conséquence les arrestations spectaculaires de très hauts dirigeants d’Unibet et Bwin. Ces bookmakers, sur lesquels on entendait tout et n’importe quoi à l’époque, sont enfin sur le point d’être offert l’opportunité de se mettre en conformité avec, paradoxalement, une loi qui n’existe toujours pas.

Rappelons qu’il aura fallu que la Commission européenne engage (en octobre 2006) une procédure d’infraction à l’encontre, notamment, de la France « coupable d’entraver la concurrence dans le secteur des paris sportifs » pour que l’on en arrive à la reconnaissance de la liberté des opérateurs de paris en ligne d’opérer sur le marché français, ce que leur licence européenne (Malte, Royaume-Uni ou Gibraltar) aurait déjà dû leur conférer si l’on se fie au droit européen. Les opérateurs historiques du monopole ne pourront plus profiter de ce flou habilement et commodément entretenu pour mener leur croisade.

Fin de ce premier volet de notre dossier. Suivra bientôt une présentation des bookmakers en position d’attente (par rapport à ce que sera le texte de loi final) et enfin celle de ceux qui n’ont clairement pas l’intention de solliciter une licence française.

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