OM – Bordeaux : une affiche de choix pour la finale de la Coupe de la Ligue

24 mars 2010 par · Ecrire un Commentaire 



Voici enfin venue la finale de la très décriée Coupe de la Ligue, qui opposera samedi soir les Girondins de Bordeaux à l’Olympique de Marseille au Stade de France (20h50) : Laurent Blanc face à Didier Deschamps, le Champion de France en titre et tenant de ce trophée face au candidat à sa succession. La remise du premier trophée de l’année lancera véritablement la fin de saison de ces deux clubs. Si les Marseillais, après leur importante victoire face à Lyon dimanche, se préparent cette semaine avec cette finale – et cette finale uniquement – en tête (les Olympiens se mettront même au vert à Clairefontaine dès jeudi), il en est tout autre du côté de Bordeaux, où Laurent Blanc doit également gérer le quart de de Ligue des Champions à Lyon trois jours plus tard.

Des incertitudes sur les onze de départ

L’affiche est belle sur le papier, mais les blessures du côté marseillais et ces considérations de gestion d’effectif chez les Bordelais font que l’on ne verra sans doute pas deux équipes à 100%. L’entraîneur bordelais doit en effet se poser plusieurs questions sur l’équipe à aligner samedi : même s’il a eu gain de cause sur la programmation du match Lyon – Grenoble (initialement prévu vendredi, ce qui aurait donné aux Lyonnais un jour de récupération en plus), l’éventualité d’une prolongation planera sur cette finale qui s’annonce équilibrée et plus que serrée. En deux matchs cette saison en Ligue 1, l’OM et Bordeaux ne sont pas parvenus à se départager :  les deux matchs ont abouti sur des nuls, 0-0 au Vélodrome et 1-1 à Chaban-Delmas. Le Cévenol adoptera-t-il une stratégie similaire à celle dont il avait usé à Monaco il y a deux semaines, à savoir tenir au minimum le nul avant de faire rentrer l’artillerie lourde (entrées simultanées de Gourcuff et Chamakh en seconde mi-temps) ou  les alignera-t-il d’entrée, quitte à les sortir si la partie va au-delà des 90 minutes ?

Pour Deschamps, les absences d’Abriel et, surtout, de l’indéboulonable vice-capitaine, Benoît Cheyrou, limitent les options et obligent le basque à revoir son milieu. Optera-t-il pour la même formule que dimanche avec un triangle Cissé-Kaboré-Lucho ? Mbia retournera-t-il à son poste de prédilection de milieu défensif, comme il le réclame d’ailleurs depuis plusieurs semaines ? Ou bien Taiwo, pourtant excellent devant les Gones, fera-t-il les frais du possible retour du guerrier argentin, Gaby Heinze ? D’autres incertitudes planent sur le trio d’attaquants auquel fera confiance DD, avec sans doute un choix à faire entre Valbuena et Ben Arfa (Koné demeure très incertain) pour occuper le flanc droit aux côtés de Niang et Brandao.

L’OM, favori des bookmakers

Quoiqu’il en soit, toutes ces questions rendent difficiles les paris sur ce match. Le triste historique de Marseille au Stade de France (où l’OM ne s’est jamais imposé) ne devrait pas trop jouer dans les têtes olympiennes, puisque seuls Taiwo et Niang ont joué les deux finales de Coupe de France perdues en 2006 et 2007, mais la forte pression populaire pour remporter un premier titre depuis 17 ans a le potentiel de faire déjouer les Phocéens. Bordeaux aura un léger avantage, ayant gagné deux des trois dernières éditions, un raisonnement que les bookmakers ne semble pourtant pas partager puisque la cote pour une victoire marseillaise est légèrement inférieure (1,80) à celle pour Bordeaux (1,90) sur Betclic.

Loi sur les paris sportifs en ligne : la dernière ligne droite

25 février 2010 par · Ecrire un Commentaire 



Alors que certains doutes persistaient encore il y a quelques jours quant à la tenue du calendrier législatif pour une ouverture du marché des paris sportifs en ligne avant la Coupe du Monde, l’adoption par le Sénat du projet de loi relatif à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne en première lecture le 24 février ouvre la voie à une promulgation à la mi-avril et donc à l’ouverture du marché français début juin, conformément aux souhaits du gouvernement. Regardons tout cela de plus près pour identifier les ultimes ralentissements que le projet pourrait encore rencontrer lors des prochaines semaines.

Les derniers obstacles possibles

Les sénateurs ont donc adopté à la majorité (181 voix contre 139 avec une majorité placée à 161 votes) le projet de loi qui leur avait été soumis après son adoption en première lecture par l’Assemblée Nationale en octobre 2009. Seuls quelques amendements ont été adoptés, celui qui nous intéresse le plus étant l’amendement No 91 comme décrit dans notre article précédent. La prochaine étape sera donc le passage du projet en seconde lecture devant les députés le 30 mars 2010. Deux cas de figures pourraient alors se présenter :

  1. L’Assemblée Nationale adopte le projet de loi tel qu’il a été voté par le Sénat.
  2. Les députés le modifient et le projet effectuera donc ce que l’on appelle communément la navette parlementaire.

Cette seconde éventualité est devenue très improbable au vu du peu d’amendements apportés lors du passage du projet de loi devant le Sénat et surtout de la nature de ces amendements, puisqu’aucun d’entres-eux n’a apporté de modification significative sur les points sensibles tels que la fiscalité et le risque d’addiction, seuls susceptibles à nos yeux d’entraîner des discussions et modifications supplémentaires de la part des députés. Pour simplifier, nous voyons mal l’Assemblée Nationale modifier un texte qu’elle avait elle-même adopté en première lecture en octobre dernier tel qu’il va lui revenir, à peu de choses près, à la fin du mois de mars.

Des enjeux financiers décisifs

Si le projet de loi est donc adopté par l’Assemblée Nationale en seconde lecture le 30 mars comme nous l’anticipons, seule une saisine du Conseil Constitutionnel (par 60 députés ou 60 sénateurs) pourrait encore retarder le calendrier cher au ministre du Budget, Eric Woerth. Cependant, et contrairement aux idées reçues, cet éventuel recours ne serait pas forcément rédhibitoire pour une promulgation dans les temps. On sait en effet que les services juridiques du Conseil peuvent établir antérieurement le risque de saisine et peuvent donc anticiper en préparant le travail d’analyse juridique des textes avant même que la saisine ne soit effective. Quant on sait aussi que le Gouvernement peut demander au Conseil la publication en urgence de sa décision sous huit jours (ce dont on peut penser qu’il ne se priverait pas), on comprend vite que tout est en fait bien ficelé pour respecter la deadline d’une ouverture du marché français début juin. En effet, il ne restera plus ensuite qu’à obtenir le feu vert du Conseil d’Etat sur les décrets d’application et l’aval de l’Union Européenne, dont un éventuel avis négatif ne serait pas suspensif.

Le ministre du Budget, Eric Woerth, avait assuré que le calendrier de mise en application de loi sur les paris sportifs en ligne était « tenable » et à la vue de ce qui s’est passé lors de ces deux jours de lecture devant le Sénat, on comprend mieux son optimisme. Une fois leur licence obtenue auprès de l’ARJEL, les opérateurs de paris en ligne comme Betclic, Unibet et Bwin pourront donc proposer des paris sur le football en France et il était crucial pour le Gouvernement français que cette loi soit adoptée et entre en vigueur avant l’événement planétaire qu’est la Coupe du Monde de football, surtout lorsqu’il est estimé* que 60% à 70% du chiffre d’affaire des paris sportifs en ligne pour 2010 en France (soit 200 à 300 millions d’euros) serait réalisé lors de la phase finale du Mondial. Clairement, une manne financière que l’Etat ne pouvait laisser lui échapper.

*estimation faite par le consultant Francis Merlin dans une interview accordée à l’AFP en décembre 2009.