La loi sur l’ouverture à la concurrence des paris en ligne promulguée !
13 mai 2010 par Florent · Ecrire un Commentaire
Le Conseil Constitutionnel déclarait hier mercredi 12 mai la loi conforme à la Constitution et rejetait l’ensemble des griefs présentés par plus de 60 députés socialistes, ouvrant la voie pour la promulgation de la loi. C’est donc ce matin que la loi no 2010-476 sur l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne a été publiée au Journal Officiel de la République française. Voici la fin d’un long épisode qui a débuté il y a près de 2 ans suite à l’annonce de l’ancien ministre du budget Eric Woerth à propos de l’ouverture à la concurrence des jeux en ligne.
Trois décrets d’application de la loi ont également été publiés en même temps :
- Le premier relatif à l’organisation et au fonctionnement de l’Autorité de régulation des jeux en ligne, l’ARJEL
- Le second relatif aux compétitions sportives et aux types de résultats sportifs définis par l’ARJEL
- Le troisième fixant les conditions de délivrance des agréments d’opérateur de jeux en ligne.
Prochains développements :
L’ARJEL étant officiellement constituée, elle va maintenant examiner les demandes d’agrément que les opérateurs voulant obtenir une licence à temps pour la Coupe du Monde 2010 débutant le 11 juin vont devoir déposer dès la publication de l’arrêté interministériel officialisant le cahier des charges, soit le mardi 18 mai 2010.
Les premiers agréments aux opérateurs seront délivrés dans les premiers jours du mois de Juin pour ceux qui auront déposé leur demande dans les premiers jours. Le délai maximal prévu pour l’examen des demandes est de 4 mois, il sera donc fortement réduit pour les premiers demandeurs afin de leur permettre de proposer des paris sur la Coupe du Monde dès le 11 juin.
Rappelons que seuls les paris sportifs (paris à cote fixe), les paris hippiques (paris mutuels) et les jeux de Cercle comme le Poker sur Internet seront autorisés dans le cadre de cette ouverture à la concurrence des jeux en ligne.
Nous vous invitons à consulter régulièrement le blog ou le Twitter de Parissportifs.com pour être au courant des toutes dernières informations dans le domaine des paris sportifs en ligne
L’ARJEL prĂ©sente son cahier des charges aux opĂ©rateurs
03 mars 2010 par Florent · Ecrire un Commentaire
Quelques jours après le vote de la loi d’ouverture du marchĂ© des jeux en ligne par le SĂ©nat, le gouvernement semble dĂ©cidĂ© Ă accĂ©lĂ©rer les choses pour que les opĂ©rateurs français puissent disposer d’un agrĂ©ment avant la Coupe du Monde de football qui dĂ©bute le 11 juin. La mission de prĂ©figuration de l’ARJEL (AutoritĂ© de RĂ©gulation des Jeux En Ligne, qui sera chargĂ©e de dĂ©livrer les agrĂ©ments) vient en effet de prĂ©senter son cahier des charges fonctionnel, accompagnĂ© de ses exigences techniques. Les deux documents constituent un ensemble complexe de dispositions lĂ©gales et techniques, que devront respecter les opĂ©rateurs s’ils souhaitent obtenir - et conserver - le prĂ©cieux agrĂ©ment leur permettant d’intervenir en France.
MĂŞme s’il s’agit encore de documents de travail, l’ARJEL n’Ă©tant pas encore officiellement constituĂ©e, ces documents laissent entrevoir de lourdes contraintes pour les opĂ©rateurs. Ces derniers devront dĂ©sormais faire acte de transparence, en communiquant la liste de leurs actionnaires et dirigeants, ainsi que leurs rĂ©sultats comptables pour les trois derniers exercices. Les entreprises dĂ©sireuses d’opĂ©rer en France devront Ă©galement faire connaĂ®tre de façon prĂ©cise les partenaires avec lesquels elles travaillent, en fournissant notamment “les copies non biffĂ©es des contrats de licence et des contrats d’affiliation qu’elle a conclus”.
Au plan technique, qu’il s’agisse de passerelles entre les ordinateurs des opĂ©rateurs et ceux de l’ARJEL ou d’exigences portant sur la fiabilitĂ© et la sĂ©curitĂ© des logiciels de jeux, d’importantes modifications devront ĂŞtre apportĂ©es aux systèmes d’information existants. Les opĂ©rateurs devront Ă©galement remettre Ă l’Etat “le code source de chaque logiciel de jeux et de paris destinĂ© Ă ĂŞtre utilisĂ© par les joueurs et les parieurs français ainsi que le code source de l’éventuel gĂ©nĂ©rateur de nombre alĂ©atoire”, des Ă©lĂ©ments hautement sensibles…
Les demandes d’agrĂ©ment sont payantes et devront s’effectuer de façon sĂ©parĂ©e pour chaque type de jeu (paris hippiques, paris sportifs, poker). Un opĂ©rateur demandant une licence en France devra ainsi s’acquitter de frais de dossier de 5 Ă 10 000 euros, puis de 2 500 Ă 5 000 euros chaque annĂ©e pour le renouvellement de son agrĂ©ment.
A n’en pas douter, les opĂ©rateurs ont du pain sur la planche avant juin et l’on peut penser que leurs Ă©quipes informatiques ne vont pas chĂ´mer dans les semaines Ă venir.
Il faut toutefois rappeler que la loi d’ouverture et de rĂ©gulation du marchĂ© des jeux d’argent sur Internet n’a pas encore Ă©tĂ© dĂ©finitivement entĂ©rinĂ©e. Le texte doit repasser en deuxième lecture Ă l’AssemblĂ©e Nationale le 30 mars prochain et nous vous tiendrons bien sur au courant de l’Ă©volution de ce dossier dès qu’il y aura de nouveaux Ă©lĂ©ments.
Source: www.pre-arjel.fr
Jeux en ligne : Les sénateurs adoptent un amendement autorisant les cartes prépayées !
24 fĂ©vrier 2010 par Florent · 1 Commentaire
Les sĂ©nateurs rĂ©unis en sĂ©ance plĂ©nière ce mercredi pour examiner le texte du projet de loi sur l’ouverture Ă la concurrence des jeux en ligne ont adoptĂ© l’amendement No 91 dĂ©posĂ© par le sĂ©nateur centriste Nicolas About. Cet amendement portant sur l’Article 12 du projet de loi a pour objet l’autorisation des cartes prĂ©payĂ©es pour approvisionner les comptes des joueurs: ”Les cartes prĂ©payĂ©es peuvent ĂŞtre un moyen de limitation ou d’autolimitation des mises. Il n’y a pas, dès lors, de raison de se priver de ce moyen de paiement. En tant qu’elles sont dĂ©livrĂ©es par un prestataire de paiement, elles sont visĂ©es au code monĂ©taire et financier.”
Voici le paragraphe du projet de loi modifiĂ© dans l’Article 12 :
” l’approvisionnement d’un compte joueur par son titulaire ne peut ĂŞtre rĂ©alisĂ© qu’au moyen d’instruments de paiement mis Ă disposition par un prestataire de services de paiement Ă©tabli dans un État membre de la CommunautĂ© europĂ©enne” .
Les mots ”... directement Ă partir d’un compte de paiement” sont effacĂ©s permettant ainsi l’autorisation des cartes prĂ©payĂ©es fournies par des prestataires de service de paiement Ă©tablis au seins de l’UE.
Ces cartes disponibles chez les buralistes ne devraient dépasser un montant maximum de 100 Euros. On peut citer par exemple les cartes Neosurf et Ticket Surf déjà acceptées par certains opérateurs comme Zeturf ou Partouche Betting et vendues chez plus de 25000 buralistes en France. Ces moyens de paiement connaissent déjà un certain engouement du fait de la réticence de nombreuses personnes à utiliser leur carte bancaire en ligne.
Cet amendement nous amène Ă rĂ©flĂ©chir Ă©galement sur le cas des portefeuilles Ă©lectroniques du type Moneybookers. Ce dernier Ă©tant un système de paiements en ligne et Ă©metteur d’argent Ă©lectronique agréé en vertu de la lĂ©gislation du Royaume-Uni et de l’Union EuropĂ©enne (rĂ©gi par la Financial Services Authority (FSA), l’AutoritĂ© des services financiers au Royaume-Uni), il n’y aurait donc aucune raison de l’interdire d’après l’Article 12 du projet de loi amendĂ©.
Source : www.senat.fr
La loi sur les paris en ligne : après le vote (1ère partie)
19 fĂ©vrier 2010 par FrĂ©dĂ©ric · Ecrire un Commentaire
Alors que les informations contradictoires continuent de circuler sur le web au sujet du calendrier du vote du projet de loi sur les paris en ligne (on sait que le projet de loi relatif Ă l’ouverture Ă la concurrence et Ă la rĂ©gulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne sera examinĂ© par le SĂ©nat les 23 et 24 fĂ©vrier prochain, ensuite tout dĂ©pendra des Ă©ventuels amendements proposĂ©s et relectures nĂ©cessaires), nous nous intĂ©ressons aux positions des principaux opĂ©rateurs de paris sportifs en ligne et Ă ce qu’ils comptent faire lorsque la loi sera finalement adoptĂ©e et publiĂ©e. Ce premier volet de notre dossier porte sur les opĂ©rateurs dont on sait d’ores et dĂ©jĂ qu’ils feront une demande d’agrĂ©ment pour obtenir une licence d’exploitation en France.
Les sites de paris en ligne : Betclic, Unibet et Bwin
Comme vous avez dĂ©jĂ pu le lire sur notre site (lire la news), les trois opĂ©rateurs de paris sportifs en ligne Betclic, Unibet et Bwin, rĂ©unis au sein d’une nouvelle association, l’AJELI (Association des opĂ©rateurs de Jeux en Ligne Internationaux), ont publiĂ© un communiquĂ© indiquant clairement qu’ils Ă©taient “tous trois candidats Ă l’agrĂ©ment de la future AutoritĂ© de RĂ©gulation des Jeux en Ligne” et qu’ils partageaient “les mĂŞmes valeurs s’agissant du jeu responsable et Ă©thique“.
Il n’y a rien de surprenant à voir ces trois bookmakers se positionner en premier. Déjà ils sont parmi les sites les plus sérieux comme notre comparatif bookmakers le démontre : tous trois font partie de notre Top 5 des sites de paris sportifs en Français. Chacun d’entre eux a, en outre, noué des contacts voire même signé des partenariats ou de sponsoring avec des clubs de football de premier plan en France : Betclic a signé avec les deux Olympiques (de Marseille et Lyonnais), Unibet avec le Paris Saint-Germain et on sait que Bwin est proche d’un accord avec M6 et le club de Bordeaux.
Les opérateurs historiques et les nouveaux sites de pari gratuit
Autres opérateurs dont on sait qu’ils demanderont agrément, la Française des Jeux (pour sa marque ParionsWeb) et le Pari Mutuel Urbain, qui va se lancer dans les paris sportifs en ligne lui aussi. En effet, le PMU est clairement en train de se placer dans cette optique, avec ses partenariats signés avec RMC et TF1 ainsi que le Top 14 et la Ligue Nationale de Rugby (il deviendra aussi un partenaire majeur de la Fédération Française de Football après la Coupe du Monde). Le PMU a aussi signé en novembre 2009 un accord avec Paddy Power afin de bénéficier de l’expertise du bookmaker irlandais, en particulier pour ce qui est de la fixation des cotes et la gestion du risque. En attendant que la loi soit promulguée, le PMU a lancé un site de paris gratuits (pronospmu.com) qui servira dans un premier temps à collecter les détails de joueurs intéressés par le jeu en ligne.
Cette stratégie est similaire à celle de Sajoo (produit de l’union du groupe Amaury et de Bwin) ainsi que FrancePari, partenaire notamment du club de football du RC Lens et qui compte Alain Prost parmi ses actionnaires. Ces deux sociétés seront elles aussi candidates à l’agrément dès qu’elles en auront la possibilité.
Notre avis :
Même si on reste dans l’expectative par rapport au timing de cette ouverture officielle à la concurrence, on ne peut que se réjouir de l’avancée du projet et de l’imminence relative de son adoption. Des questions touchant à la taxation et au plafonnement des taux de redistribution restent cependant à clarifier et on préfèrerait que l’intérêt des joueurs soit mis en avant plutôt que celui des opérateurs historiques du monopole actuel (sous couvert, en autres, de la protection des joueurs contre l’addiction (voir notre réaction en bas du dossier sur la législation - 3ème partie)).
Toujours est-il que la régularisation de la situation en France (qui interviendra plus de trois ans après la mise en demeure de la France par Bruxelles) permettra de mettre fin à un climat de méfiance entretenu par la position du gouvernement français. Nous faisons bien sûr allusion à la campagne de dénigrement permanente menée par l’Etat Français à l’égard de sociétés de paris en ligne titulaires de licences européennes et de la chasse aux sorcières (qui fit suite aux plaintes de la FdJ et du PMU en 2006) qui eut pour conséquence les arrestations spectaculaires de très hauts dirigeants d’Unibet et Bwin. Ces bookmakers, sur lesquels on entendait tout et n’importe quoi à l’époque, sont enfin sur le point d’être offert l’opportunité de se mettre en conformité avec, paradoxalement, une loi qui n’existe toujours pas.
Rappelons qu’il aura fallu que la Commission europĂ©enne engage (en octobre 2006) une procĂ©dure d’infraction Ă l’encontre, notamment, de la France “coupable d’entraver la concurrence dans le secteur des paris sportifs” pour que l’on en arrive Ă la reconnaissance de la libertĂ© des opĂ©rateurs de paris en ligne d’opĂ©rer sur le marchĂ© français, ce que leur licence europĂ©enne (Malte, Royaume-Uni ou Gibraltar) aurait dĂ©jĂ dĂ» leur confĂ©rer si l’on se fie au droit europĂ©en. Les opĂ©rateurs historiques du monopole ne pourront plus profiter de ce flou habilement et commodĂ©ment entretenu pour mener leur croisade.
Fin de ce premier volet de notre dossier. Suivra bientôt une présentation des bookmakers en position d’attente (par rapport à ce que sera le texte de loi final) et enfin celle de ceux qui n’ont clairement pas l’intention de solliciter une licence française.
Paris sportifs en ligne: L’entrĂ©e en vigueur de la loi retardĂ©e
27 novembre 2009 par Florent · 1 Commentaire
Dans un entretien accordĂ©e au 10sport.com, le dĂ©putĂ© UMP et rapporteur du projet de loi sur les jeux en ligne Ă l’AssemblĂ©e Jean-François Lamour doute que la loi soit effective pour la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Il a ainsi dĂ©clarĂ©: ”Ce que je crains, Ă force de reculer l’examen de la loi devant le SĂ©nat, c’est que nous ne soyons pas prĂŞts Ă rĂ©guler ce marchĂ© des juin 2010. Le 1er juin 2010, comme date symbolique, me semble diificile”. Le passage du texte de loi devant le SĂ©nat est prĂ©vu pour janvier 2010 mais pourrait ĂŞtre retardĂ© selon les prioritĂ©s du gouvernement en fĂ©vrier ou mars 2010.
Il admet Ă©galement qu’il sera très difficile si la loi n’est pas promulguĂ©e pour le mondial 2010 d’empĂ©cher toutes les offres de paris en ligne: ”Il faut maintenant aller vite. Or, ce que j’entends sur l’ordre du jour au SĂ©nat, fait que j’ai peur qu’on ait un peu de retard Ă l’allumage. Le prĂ©figurateur de l’autoritĂ© indĂ©pendante me confiait son inquiĂ©tude quant Ă sa capacitĂ© Ă dĂ©livrer les agrĂ©ments avant le dĂ©but de la coupe du Monde. Si nous n’y arrivons pas, il va y avoir un foisonnement d’offres de paris illĂ©gaux dont je vois mal aujourd’hui comment nous allons pouvoir les empĂŞcher. On est capable de lutter contre l’offre illĂ©gale si elle est limitĂ©e et si l’offre lĂ©gale est suffisamment attractive et protectrice.”
Sa voix s’ajoute Ă celle du sĂ©nateur François Trucy qui a fait part de ses inquiĂ©tude au journal Ă©conomique La Tribune le 18 novembre dernier: “Le projet de loi ne passera pas avant la mi-janvier en commission des Finances au SĂ©nat. Compte tenu des diffĂ©rentes Ă©tapes, je fais le pari que cela ne tient pas le calendrier“.
Rappelons que le projet de loi sur l’ouverture Ă la concurrence des jeux d’argent en ligne a Ă©tĂ© adoptĂ© Ă l’AssemblĂ©e Nationale en Octobre et doit passer devant le SĂ©nat dĂ©but 2010. Mais le processus jusqu’Ă l’entrĂ©e en vigueur officielle de la loi est loin d’ĂŞtre terminĂ©, car après le SĂ©nat c’est le Conseil d’État qui doit valider le texte. Et les navettes risquent d’ĂŞtre nombreuses entre le SĂ©nat et l’AssemblĂ©e si des amendements sont votĂ©s au SĂ©nat. La loi doit ĂŞtre ensuite ĂŞtre publiĂ©e au Journal Officiel et les dĂ©crets d’application permettent sa mise en oeuvre. Sachant Ă©galement que la future autoritĂ© de rĂ©gulation, l’ARJEL, devra examiner les dossier et dĂ©livrer les licences aux opĂ©rateurs de jeux, Paris Sportifs doute fort que la mise en place effective de la loi arrive avant l’automne 2010.
Rien d’Ă©tonnant Ă ce report sachant que cette loi devait initialement entrĂ©e en application en 2009, puis le 1er janvier 2010, puis au printemps et enfin l’ultime limite avait Ă©tĂ© fixĂ©e Ă la Coupe du Monde sachant l’importance de cette compĂ©tition pour les opĂ©rateurs de jeux. On voit dĂ©sormais que la France retarde encore l’Ă©chĂ©ance et ne pourra tenir une nouvelle fois le dernier calendrier prĂ©vu…
